Au 46 de la rue de Flandre, une porte moderne conduit à une cour intérieure où s'élève une maison remarquable, classique par son architecture et flamande par sa décoration. Elle doit son nom au buste de la Bellone, déesse de la guerre, qui orne sa façade et commémore la victoire de Zenta remportée par le Prince Eugène de Savoie sur les Turcs en 1697. Construite par l'architecte Cosyn, cette maison rappelle la Maison des Boulangers (Roi d'Espagne) du même architecte, située Grand Place.
Le 17 septembre 1697, Nicolas Bally et sa femme Gertrude de Smeth firent l'acquisition de la parcelle sise 46, rue de Flandre, comprenant un bâtiment à front de rue et une belle maison arrière.
Septembre 1697 est le mois de la bataille de Zenta qu'exalte le chronogramme en façade. Nous ignorons quel métier exerçait Nicolas Bally, peut-être fournisseur aux armées d'Autriche... ce qui expliquerait le relief flagorneur autour du buste de Bellone. La nouvelle façade n'était pas achevée que déjà les Bally vendaient le bien... S'y succédèrent six occupants successifs en moins de cinquante ans. Après cela, on se perd un peu !
La Bellone a été acquise opportunément au début du 20e siècle par la Ville de Bruxelles grâce à Charles Buls. A tour de rôle, y logèrent, y travaillèrent de bien différents locataires. Le poste de police du Vismet y eut une antenne avec cellule pour les arsouilles. On y vit aussi des gymnastes musclés, les poupons d'une maternité. Vint l'époque où la société de l'Ommegang y siéga, y conserva des costumes. Ce fut le lieu de réceptions de tous ordres. Durant l'Exposition de 1958, un estaminet typique fut joyeusement fréquenté dans le bâtiment de gauche. Des statues en plâtre ornèrent les pavés de la cour...
A lire
Bellone, Alchimie d'une maison
Serge Creuz
Editions Racine






