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SÉMINAIRE DRAMATURGIE. DES DÉBUTS UNE DURÉE #2
Camille Louis
Du 21 au 23 février - 10:00 à 17:00

Se maintenant au croisement des plateaux artistiques, des scènes théoriques et des places politiques contemporaines, le séminaire continue de se penser et de se composer 'entre' les espaces et ne cesse d'injecter, à l'intérieur de la Bellone, des fragments du dehors. Mettant en partage une pratique des regards obliques et des torsions dramaturgiques pouvant résister à la représentation unique d'un présent dramatique, Camille Louis invite les participants à échanger des modes opératoires, des problématiques qui s'assument comme problèmes avant de chercher à se clore en solution, pour suivre intensément tout le potentiel d'action (drama) qui se loge encore au cœur des créations (ergon).
Drama-Ergon, dramaturgie, 'dramaturgeons', nous poursuivons et nous durons.
La question de la durée a précisément été mise au centre de la première session qui a eu lieu en octobre. Comment écrit-on le temps? Quelle organisation temporelle génère-t-on à travers une écriture sensible qui peut devenir, en ces temps accélérés qui ne cessent de nous placer sous 'état d’urgence', une forme de résistance esthétique? Les participants du séminaire ont ainsi circulé entre approches théoriques et expérimentations pratiques, donnant lieu à une série d’hypothèses qu’il conviendra, en ce second temps, de reprendre et prolonger. 
Ces trois jours de séminaire (21, 22 & 23 février) invitent donc les participants premiers à revenir et 'durer' mais restent ouverts à de nouveaux arrivants souhaitant ainsi s’engager dans un travail du temps. Nous demandons donc une participation complète, sur les trois journées afin de véritablement expérimenter ces jeux de circularité où théorie et pratique ne cessent de se nourrir l’une l’autre, à égalité.

 

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HERVÉ PIRON
Le 22 février - 17:00 à 19:00

Les Tender Session sont des moments de réflexions, où nous vous invitons à collaborer au développement artistique d’un nouveau projet. Cette fois-ci, c’est au tour de Hervé Prion de présenter son projet Rater mieux / Rater encore

Il vous adressera des questions, vous fera expérimenter des nouveaux dispositifs, outils, vous demandera de remplir un questionnaire ou de… c’est selon ses besoins, nous verrons…  

En somme, nous vous invitons à être tendre & rigoureux en étant à son service pendant une à deux heures.

Les Tender Session sont en lien avec les résidences laboratoire.

Entrée libre - réservation souhaitée

 

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I AM WORRIED #01
Nicole Mossoux
Le 28 février - 17:00 à 19:00

Nicole Mossoux a envie de travailler très concrètement avec les participant.e.s pendant son I am Worried. Elle proposera des improvisations (qui ne nécessitent pas d’être danseur.se.s) qui seront le point de départ d’un échange où il sera question du chemin de l’intime, du particulier, de la mémoire individuelle vers le collectif et le politique, et de l’interférence entre ces deux flux. 

Un groupe de 5 personnes improvisera selon les indications de Nicole Mossoux alors que d’autres regarderont, analyseront ; ensuite la chorégraphe fera des retours personnalisés à chacun.e et la discussion s’ouvrira sur un échange entre ceux et celles qui regardaient et ceux et celles qui étaient en jeu, entre ce que les un.e.s auront perçu et ce que les autres auront ressenti. Ensuite les rôles (regardant.e.s et improvisateur.rice.s) changeront. Pour faire suite à cette première heure d’expérimentation et d’improvisation, Nicole Mossoux a souhaité inviter Camille Louis, dramaturge associée de la Bellone, à animer une discussion plus globale sur les notions de individu.e/collectif/politique avec l’ensemble des participant.e.s. 

Entrée libre - réservation souhaitée

 

RÉSIDENCES

 

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HERVÉ PIRON
Rater encore. Rater mieux.

Du 5 au 24 février

L’échec semble devenu le cauchemar n°1 de nos sociétés individualistes, émancipées. Si les Anciens s’en remettaient au destin et si, jusqu’il y a peu, les métiers se transmettaient de pères en fils, aujourd’hui nos existences sont tendues par l’idéal de la 'réalisation' de soi. Désormais prédomine le fantasme que nous pouvons façonner nos vies comme nous le voulons, un fantasme de toute-puissance. Nous aspirons à la réussite à tous les niveaux : carrière, amour, physique (santé, corps), famille...

Arrivé autour de quarante ans, on constate qu’il y a peu de 'sans faute', que rares sont ceux qui ne rencontrent pas, à un moment, un problème, un échec... Dès lors comment ne pas vivre celui-ci comme une invivable déchéance, comme une indépassable humiliation? 


 

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LORENZO DE ANGELIS
À l'effigie

Du 19 février au 3 mars

À l’effigie ; deuxième volet d’une recherche sur la violence. Mais plutôt que de parler de violence, qui a souvent une charge péjorative et réductrice, j’aimerais parler de 'force exercée'.
Il s’agit d’une suite de projets qui partent chacun d’une action unique, une expérience, un objectif.
Le premier volet, De La Force Exercée, traitait de la violence de l’auto-discipline, force exercée sur soi.
Le deuxième volet, À L’Effigie, traite de la destruction, de la force exercée sur le monde, sur l’autour, la volonté d’un sujet appliquée à son environnement.
Il m’intéresse de voir, de comprendre comment une même logique, bénéfique à la base, dévient nocive et dégénère même ce qu’elle a produit de bon, en se détachant de son sens premier ; logique de construction et de dégénérescence combinées dans le même effort.
L’exploitation de la terre et de ses ressources, par exemple, ont été un moteur d’un certain développement des civilisations humaines, mais de plus en plus au détriment d’autres civilisations, et puis d’elle même.
La destruction est aussi moteur de grands tournants de l’histoire, généralement nécessaires. Les révolutions en sont une manifestation des plus marquantes…
Faire, refaire cette expérience-là ; mette en place le dispositif qui permet à une civilisation temporaire, un public, de faire cette expérience-là ; de comprendre à quel endroit ces dynamiques nous animent, de façon intime. Quelle est notre histoire, notre rapport à la destruction? Quelle peur, quelle excitation, quelle nécessité? Exposer l’acte violent, sans jugements, afin de laisser libre cours à l’émotion esthétique ou à l’horreur symbolique, ainsi qu’à tous les sentiments qui se situent dans l’intervalle. Il y a à la fois une fascination noire, et une compassion pour ce qui fait de l’humain ce qu’il est ; cet animal à l’intelligence étrange.


 

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CAMILLE LANCELIN
Iceberg

Du 26 février au 10 mars

Le projet Iceberg a commencé par des vidéos muettes où l’on me voit tournant autour d’un lac gelé, où l’on entend le son de mes pas dans la neige. A l’écoute de ses images, je me rendis compte que mes pas ressemblaient au bruit des pages qui se tournent. Ce lac gelé, scène vide, immaculée et circulaire devînt ensuite l’espace imaginé pour ce projet. Ces actions m’ont conduites à écrire un long poème. La page blanche dans Iceberg, peut être un support pour les mots, une surface de projection ou encore un espace enneigé. Iceberg est une recherche autour du principe d’interprétation dans une expérience poétique collective. L’iceberg est celui qui ne laisse qu’une partie visible, et qui cache la plus grande partie de son volume. Ce motif est pour moi le principe de l’actrice, de l’artiste, du regardeur et du lecteur. Pour ma résidence à La Bellone, je raconterai la descente précipitée d’une montagne d’un personnage, transformée en une errance éblouie. Par des jeux de voix et de projections dissonantes, changeantes, cycliques. S’approcher de la belle solitude du lecteur, et de ses amnésies en traitant les mots comme des images, des souvenirs d’écritures. Comment lier les mots à l’émotion ? Comment laisser le public libre d’interpréter ? Qu’est ce qui permet le regard ? Le public veut-il être libre ? Qui veut être libre ? L’actrice est-elle libre ? Qu’est-ce qu’être libre ? Faut-il l’être ?