La Bellone

SÉMINAIRE

Module dramaturgique avec Elise Simonet

25 > 29/04/2022

Objectifs spécifiques des séminaires

Plus qu'à une histoire ou à une théorisation de la dramaturgie, les participant.e.s sont ici invité.e.s à saisir, cerner et pratiquer la dramaturgie en s'essayant à la fois à dresser une cartographie des pratiques dramaturgiques et à pouvoir s'y situer. Il s'agit ainsi non pas de définir une pratique qui, en tant que telle, sort du cadre définitionnel puisqu'elle n'a pas de « fins » et de contours fixes et figés – ceux-ci bougent selon les modalités d'activation dramaturgique (au plateau, en institution, dans la conception de dispositifs divers...) – mais plutôt de proposer une méthode de double singularisation : singulariser ce qui fait, aujourd'hui, le paysage dramaturgique et ainsi voir apparaître, pour chacun.e, ce qui singularise sa propre méthode de faire. À partir de là s'entame un chemin d'étude situé, le long duquel le/la participant.e peut davantage reconnaître la spécificité de sa méthode, de ses outils mais aussi, par-là, expérimenter d'autres manières d'en faire usage ou de les affiner en regard des spécificités des autres.

Les séminaires : 4 correspondants à des activations de la dramaturgie aujourd’hui.

Orientation partage de savoir et mise en expérimentation. Partir d’une problématique à laquelle le ou la praticienne invité.e fait face et ouvrir cette recherche ou réflexion plutôt que de faire une présentation d’un savoir. Mise au travail et mise en partage plutôt que d’une formation académique.

Chaque séminaire, étendu sur une semaine implique :

-L'intervention d'un.e praticien.e dramaturge, choisi.e et invité.e en ce qu'il, elle active l'une des modalités spécifiques de cette activité et peut ainsi en dresser les enjeux singuliers auprès des participant.e.s.

-Il s'agit aussi, pour chaque intervenant.e, de pouvoir mettre en partage des outils, des protocoles de recherche et d'écriture ou encore de proposer des situations permettant l'application de ce type-là de dramaturgie.

Chaque module incarne ainsi, à l'échelle concentrée d'une semaine, l'esprit général et transversal du programme « Pratiques dramaturgiques » : une circularité entre exposé et pratiques, entre parole de l'un.e et ressaisie collective, partagée de questionnements et expérimentations. Il s'agit de se mettre, au sein d'un espace de recherche et création artistique, en état « d'étude », c'est-à-dire d'alliance entre « enquête » et « application » (cf. étymologie du mot).

Les modules seront donc toujours structurées en au moins deux temps : un temps « à la table » dans lequel le groupe est rassemblé pour se mettre à l'écoute et à la discussion d'une question, d'une problématique ; un temps d'expérimentation qui peut conduire les participant.e.s à un travail propre d'écriture, à une fréquentation d'une réalisation de plateau ou encore à la visite d'un autre lieu artistique ou un autre contexte selon le type de « dramaturge » qui intervient sur chaque module.

 

Deuxième module avec Elise Simonet du 25 au 29 avril

" Conversation is when you don’t know what the next thing the person you are with is going to say "

John Cage

 

Il existe autant de manière de pratiquer la dramaturgie que de rencontres et de créations au sein desquelles elle est convoquée. Invitons-la ici comme une pratique de la conversation, et faisons de nos premiers outils nos bouches et nos oreilles. Comment partager une conversation ? Comment en tisser les fils ? Comment accompagner nos intentions artistiques en creusant la parole, en nommant la pensée ? Quelle collaboration se joue dans un partage soutenu de questions, parfois même les plus simples ? Pour collaborer en conversation, il faut converser « en contexte » , c'est-à-dire ouvrir la conversation aux éléments parfois moins visibles qui l'entourent et qui la font. C’est la rendre poreuse aux lieux, aux événements extérieurs, aux timbres des voix et aux évocations. En nous attachant au travail de la parole et de l’écoute, il s’agira d’accueillir l’oralité en prêtant attention à ses accélérations, ses hésitations, ses répétitions, ses silences et ses interruptions comme autant de signes de l’élaboration de la pensée et de la clarification de l’expérience. Car à l’inverse de l’écriture qui rature et supprime, en oralisant, je précise et j'ajoute, sans effacer. C'est cette force croissante et accumulative qui entraine la conversation. Et car nous ne travaillons jamais seul·e·s mais bien « en relation » et en subjectivités partagées, ce module sera nourri de nos échanges, en groupe et en duo, ainsi que de partages de textes et d’enregistrements des allié·e·s de pensée qui accompagnent nos recherches et nos interrogations.

 

 

 

Formée en mise en scène et scénographie à Bordeaux, Elise Simonet travaille aux côtés de différents artistes dans le domaine du spectacle vivant, en tant que dramaturge et collaboratrice artistique. Depuis 2010 elle a accompagné entre autres le travail de Thibaud Croisy, Anne-Sophie Turion et Jeanne Moynot, Mylène Benoit, Nina Santes et Célia Gondol, Halory Goerger, Emilie Rousset, Dominique Gilliot et Valérie Mréjen, le groupe Aquaserge. Membre du groupe de l’Encyclopédie de la parole depuis 2013, elle y développe sa recherche sur l’oralité et les documents de paroles enregistrées dans le spectacle vivant. Elle est la collaboratrice artistique de Joris Lacoste sur le cycle des Suites Chorales et co-signe les versions multiples de Jukebox depuis 2019. En 2015 et 2016, elle co-programme le festival TJCC, avec Joris Lacoste, au Théâtre de Gennevilliers. En 2012 elle crée Mon cauchemar, une pièce sonore et visuelle à partir d’une collecte de rêves étranges. Depuis 2017 elle mène un projet de conversations associées à un jeu de cartes dessinées par Léo Gobin: le premier volet Parler la musique engage des conversations avec des musiciens et paroliers; le deuxième volet, De l’usage infini de moyens finis puis Converser engage des conversations avec des polyglottes et questionne les langues, dans leur usage intime et public (Bruxelles-2018, Fribourg-2019, Strasbourg-2021). En tant que dramaturge, elle a été invitée aux Cliniques Dramaturgiques par Jessie Mill lors du FTA Montreal en 2018, à 1:1 par Sarah Israel au PAF Berlin en 2019 et 2020, et co-organise les Cliniques Dramaturgiques du Festival Short Theater à Rome avec Riccardo Fazi et Jessie Mill en 2020. En 2021 elle concoit avec Antoine Cegarra et Leyla Rabih le projet collaboratif ARK (curaté par Quarantine dans le cadre du programme européen Moving Borders) dans sa version française, au Maillon, Strasbourg.

 

Sur candidature