La Bellone

ATELIER

i am worried

9/09/2020
18:00 > 21:00
Visuel © Clément Masurier

Les I Am Worried se font écho des problématiques traversées par les habitant.e.s de Bruxelles durant et juste après la pandémie. Conduites par des artistes et/ou militant.e.s, ces séances de trois heures ouvrent à la discussion et au partage de nos expériences.

Cette deuxième séance «l'art et la manière d'aborder son propriétaire pour lui demander une baisse de loyer » sera conduite par Aline Fares, Sarah De Laet et Eva Batavatzi.

Près de la moitié des habitant.e.s de Bruxelles entre dans les conditions d'accès au logement social. Cependant, moins de 7% des logements disponibles sont des logements sociaux. Le marché privé du logement, la propriété privée, dominent et imposent donc à plusieurs centaines de milliers de Bruxellois.es de vivre dans des logements qui leur coûtent trop chers, qui sont trop petits, inadéquatement situés, mal isolés, quand ils ne sont pas purement et simplement insalubres... ou inaccessibles. Une situation déjà catastrophique, qui a été exacerbée par le confinement et la crise économique qui en découle.

La propriété privée génère ses cohortes de mal logé.e.s et de pas logé.e.s-du-tout, et pourtant elle est au cœur des politiques du logement depuis plus d'un siècle. La centralité de la propriété privée est aussi celle du crédit hypothécaire et donc des banques, avec toutes les questions que cela ouvre: qui a accès au logement, qui paie qui, pourquoi accepte-t-on de payer, qu'est-ce qui nous tient, et finalement,  qu'est-ce qu'il se passe si on arrête de payer le propriétaire ou la banque?

Cet atelier sera animé par Aline Fares (Chroniques d'une ex-banquière), Eva Betavatzi (CADTM) et Sarah de Laet (inter-environnement Bruxelles), toutes trois militantes au sein de Action Logement Bruxelles, un collectif formé pendant la période de confinement (www.actionlogementbxl.org).

Aline Fares est conférencière, auteure et militante. Ancienne du groupe Dexia à Luxembourg puis à Bruxelles, elle a quitté le milieu bancaire fin 2011 après y avoir passé près d'une dizaine d'années. Elle a rejoint l'ONG Finance Watch quelques mois plus tard, où elle a fait un travail d'analyse et de plaidoyer pour une régulation de la finance post-crise, jusqu'en 2016. Elle y a par ailleurs dirigé une recherche dont les résultats ont été publiés sous le titre "Representation of the public interest in banking". Elle a en parallèle milité auprès du CADTM (depuis 2012), créé un outil pédagogique intitulé “le Poker des banques” (2012) et initié la campagne “Belfius est à nous” (2015). Elle a ensuite contribué à l'écriture de la pièce "Etudes: the elephant in the room" auprès de Françoise Bloch et de Zoo Théâtre (2016), co-fondé le laboratoire de recherches expérimentales “Désorceler la finance” (2017), créé une conférence gesticulée "Chroniques d'une ex-banquière" (2017) qui a déjà été présentée plus de 60 fois en France et en Belgique, et lancé un blog "pour se défendre contre la financiarisation du monde", alinefares.net (2019). A travers ces recherches, ces expériences et des collaborations multiples avec associations et collectifs, Aline s'attache à rendre le sujet des banques et de la finance accessible et appropriable, en partant des enjeux qui nous touchent toutes et tous, tels que le logement, l'alimentation ou la santé. Sur le sujet du logement, elle est l'auteure de plusieurs articles, écrits en collaboration, et publiés par Inter-environnement Bruxelles, par le journal POUR, et par le journal de la Fédération des maisons médicales. Elle fait également partie du collectif Action Logement Bruxelles (2020).

 

Eva Betavatzi est architecte et militante auprès du Comité pour l’abolition des dettes illégitimes (CADTM) depuis 2015. Sa pratique architecturale l’a amené depuis quelques années à s’intéresser à la réalité du logement bruxellois. Elle travaille à la rénovation et la transformation de logements inadaptés, et dans certains cas insalubres, pour des propriétaires-occupants parfois précaires. Son engagement au CADTM l’a amené à s’intéresser aux luttes pour le droit au logement durant la crise grecque, lorsqu’en 2016, les ventes aux enchères pour dettes impayées devenaient de plus en plus fréquentes. Elle a ensuite étudié les cas espagnol, portugais et chypriote, pays européens frappés de plein fouet par des vagues d’expulsions à cause de crédits hypothécaires abusifs. Elle collabore depuis 2018 avec la Coalition européenne pour le droit au logement et à la ville qui regroupe diverses organisations militantes de plus d’une vingtaine de pays européens. Dans ce cadre, elle dénonce les mécanismes d’endettement illégitimes qui se sont imposés en Europe avec l’aide des États au bénéfice des banques, mais aussi les processus de financiarisation du logement. Elle tente de mettre en exergue au travers de ses analyses, les effets extrêmement néfastes de l’intervention de certains acteurs financiers qui ont fait du marché immobilier leur terrain de jeux. Depuis sa création en mars 2020, elle participe activement au collectif Action Logement Bruxelles.

Sarah De Laet est géographe de formation, après plusieurs années passées à l'ULB comme chercheuse, elle travaille depuis 2018 pour Inter-Environnement Bruxelles. Comme géographe, elle s'intéresse aux effets spatiaux des processus de revalorisation foncière. Au sein d'IEB, elle concentre son travail sur le logement, les politiques publiques liées au logement ainsi que les tendances et les impacts des développements privés. Militante pour le droit au logement et à la ville, elle a notamment participé à la création du collectif Action Logement Bruxelles.