La Bellone

ÉVÉNEMENT

Pouvoirs & Dérives IV

26/11/2021
09:30 > 19:00

POUVOIRS ET DÉRIVES

Édition 4 / Perspective intersectionnelle des relations de pouvoirs dans les arts de la scène en Belgique francophone

 

Jeudi 25 novembre de 9h30 à 19h

Vendredi 26 novembre de 9h30 à 19h

Samedi 27 novembre de 9h30 à 23h30

 

Au Café Congo 

Rue de la Petite Île 1A à 1070 Anderlecht

Dans l’idée de contribuer à construire un secteur plus égalitaire, le cycle de réflexion Pouvoirs et Dérives propose à tou.te.s les professionnel.le.s des arts de la scène de se rassembler pour échanger autour de nos expériences et pratiques. Depuis 2018, trois éditions thématiques ont été proposées à la Bellone à Bruxelles, réunissant des centaines de participant.es du secteur : artistes de toutes les disciplines, administrateur.ices de compagnies, représentant.es d’institutions et opérateurs culturels mais aussi du monde politique. Elles sont accessibles au format audio sur le site de La Bellone. 

Cette quatrième édition examinera sous un prisme intersectionnel les rapports de pouvoirs dans le secteur des arts de la scène en FWB. La grille d’analyse intersectionnelle permet une lecture transversale des systèmes de dominations sans procéder à leur hiérarchisation. Il s’agira de faire appel à une multiplicité de voix et de pratiques qui mettra en lumière d’autres narrations pour s'interroger ensemble sur les pratiques de dominations coloniales, capitalistes, classistes, validistes, hétéronormatives... présentes aujourd’hui dans le secteur culturel. Nous souhaitons poursuivre les réflexions collectives qui ont été mises en place lors des éditions précédentes avec le souhait d'initier des changements institutionnels transversaux effectifs. 

 

Afin d’être cohérentes avec le processus même de réflexions collectives diversifiées et de créer une nouvelle dynamique, nous avons proposé à Lucile Saada Choquet et Ichraf Nasri de rejoindre l’équipe de programmatrices de ce nouveau cycle. Des collaborations avec Café Congo et l’asbl XENO- ont également été initiées.

 

Coordination : 

Lucile Saada Choquet

Ichraf Nasri

Jessica Gazon

Cora-Line Lefèvre

Mylène Lauzon

 

Co-production par La Bellone / Maison du spectacle et Habemus Papam, en collaboration avec Café Congo et Xeno- et avec le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles et de la Loterie nationale.

 

Pouvoirs et dérives est une initiative de Jessica Gazon, Isabelle Jans, Mylène Lauzon et Cora-Line Lefèvre.

 

 

PROGRAMME CYCLE POUVOIRS ET DERIVES IV

“La question n’est pas d’être en sécurité dans un entre-soi fantasmatique, mais de construire et de créer des territoires depuis lesquels politiser, capitaliser, de la rage pour déclarer et mener la lutte” Elsa Dorlin, Se défendre, une philosophie de la violence

VENDREDI 26 NOVEMBRE 2021

de 9h30 à 19h

9h30
accueil et présentation de la journée

10h
conversation avec Joachim Ben Yakoub, Gia Abrassart et Code rouge à partir du texte "Danser avec l'ombre de la grande raison" de Joachim Ben Yakoub. Diversité et démocratie à l'aune des récits décoloniaux dans les arts

Joachim Ben Yakoub is a writer, researcher and lecturer operating on the border of different art schools and institutions. He is affiliated to the MENARG and S:PAM research group of Ghent University, where he is conducting a research entitled 'The Rythm of Revolting Senses' that engages with self-affirming autonomous, but too often omitted forms of authorship in the audio-visual arts in Brussels. He is lecturer at Sint-Lucas School of Arts Antwerp, where he is also promotor of the collective action research ‘The Archives of the Tout-Monde'.

Bruxellois d'origine, Code Rouge est un rappeur engagé de 33 ans qui habite Molenbeek, il découvre à ses 16 ans le rap en écoutant un vinyle du groupe anthologique "IAM". Envoûté par cette musique et par les paroles, il y voit un magnifique moyen d'expression et une manière très créative de jouer avec les mots. Après des années d'écriture, il sort son 1er album en 2008 qui s'intitule « Pour la couleur de nos yeux », qui coïncidait avec une triste actualité, celle du meurtre de Joe Van Holsbeeck à la Gare Centrale.Depuis, les projets s’enchainent avec même une dimension internationale qui a donné lieu à de nombreuses collaborations de par le monde : de son morceau « Horizon » avec la chanteuse Emel Mathlouthi (Tunisienne), à celui intitulé « Printemps » avec Maya Safar (d'origine syrienne), en passant celui avec le chanteur Arona (Sénégal) jusqu'a la chanson « Cuba » en featuring avec le groupe Sonando En La Habana (Cuba) . Si la forme a entre-temps changé avec des sonorités parfois plus pep's et légères, le fond lui reste le même, avec cette radicalité toujours préservée, ce refus du consensus.

 

11h

conversation avec Bintou Touré, Leila la boubou et Marianne Mulakozé De l’urgence d’un art politique incarné. Sortir de la violence des représentations des corps normés.
modération : Pouvoirs & Dérives

parce que l’art n’est pas dissocié des valeurs de la société, parce que l’art pour l’art n’existe pas” Djamila Ribeiro, Chroniques sur le féminisme noir

Moitié français moitié algérien et né en Bretagne en 1989, Leïla fait l’expérience des extrêmes dès son plus jeune âge, oscillant entre racisme quotidien, violence domestique, mais aussi une mère qui lui apprend le féminisme, la liberté et l’esprit critique avant même de savoir lire.L’art devient son refuge, son terrain d’expérimentation et d’expression. Ses études prennent ensuite autant de facettes que son identité, passant par la France, la Belgique et l’Angleterre pour glaner savoir-faire et nourriture intellectuelle tournant autour du dessin, de la peinture, la scénographie, la sculpture, l’installation et la performance.
C’est à Bruxelles que son cœur trouve le ‘presque repos’. Elle y explore le tatouage et l’activisme comme outils socio-performatifs d’une mise en lumière des stéréotypes et dynamiques de pouvoirs systémiques, mais aussi et surtout outils de soin, d’émancipation, de ré-appropriation de soi. Ce travail n’est pas que théorique ou collectif, il infuse toujours nos vies personnelles. En déconstruisant les injonctions sociétales, Leïla déterre en auto-archéologue ses traumas, son handicap et ses neuro-diversités que le corps médical ne reconnaît encore que rarement chez les personnes LGBTQIAAP+ et racisées. En 2019, elle co-fonde B.R.A.V.E. (Bodies Rage Arts Vital Empowerment) asbl, qui deviendra une maison de quartier dédiée aux arts comme outils de dialogue sur les politiques des corps et des identités.

Marianne Mulakoze est une artiste belgo-rwando-congolaise pluridisciplinaire. Styliste-couturière-dessinatrice-peintre de formation, elle tente au quotidien de jongler avec son corps particulier, ses diverses identités et passion-métiers.
Avec MULAKOZè, blog créé en 2016, elle écrit et crée des visuels pour mettre en avant des sujets qui l'impactent et la dépassent : L’adoption, le handicap et les maladies invalidantes, le slow fashion, le racisme et le sexisme. Avec son projet Deux pouces créé en 2012 sous son pseudo d’artiste plasticienne, ce sont ses mains qui matérialisent ses idées et les transmettent par le biais du dessin et la peinture. Elle créé MULAKOZè ATELIER en 2017, un atelier et un média digital, qui sensibilise à l’impact du secteur textile sur le vivant (être vivant & environnement). Marianne Mulakoze a à cœur de progresser et d'évoluer en tant que personne en incluant autrui dans ce processus: constamment chercher et trouver parfois l’équilibre entre l’individuel et le collectif.

 

12h30
pause déjeuner

14h
conversation avec Marthe Degaille, Anna Baillij et Marie Indeko Loleke
situation du mouvement Me too théâtre en Belgique francophone

Dans le cadre des mouvements d’autodéfense, le fait de défendre en attaquant est précisément l’affirmation d’un droit qui est injustement dénié et, par conséquent, l’affirmation d’un sujet porteur de ce droit ou plutôt sujet qui prend et se donne à lui-même un droit qui lui est refusé” Elsa Dorlin, Se défendre, une philosophie de la violence

modération : Pouvoirs & Dérives

Anna Baillij est une comédienne et militante de 23 ans, tout juste sortie de l'IAD. Elle termine son master en septembre 2021 avec un mémoire intitulé "ET MAINTENANT?", qui propose de questionner activement l'enseignement du théâtre et la culture de l'omerta qui règne dans les écoles d'art. Membre de l'ASBL "Les Callisto" et du collectif "MetooThéâtre" en France, elle s'engage désormais dans le "collectif pour un metoothéâtre en Belgique", afin de tenter de briser le silence autour des agressions et des discriminations dans le milieu du théâtre et des écoles de théâtre belges. Après avoir elle-même acté pour mettre en lumière ce qu'elle avait vécu à l'école et en dehors, elle se retrouve face à un silence angoissant, une non-réponse qui en dit long. C'est pourquoi elle tente désormais de sensibiliser au côté systémique et banalisé des violences et de la protection des agresseureuses.x, dans l'espoir d'offrir ou de créer ensemble des espaces safe de libération des paroles. Ainsi, peut-être, un metoothéâtre belge sera possible.

Marie Indeko Loleke est une comédienne belge d'origine congolaise. Après un passage à l'UCL en langues romanes, elle entame ses études en 2018 à l'IAD en interprétation dramatique. Elle sensibilise et prône la diversité et la liberté des corps autant dans son travail artistique que dans la vie quotidienne.

 

16h
pause café

16h30
projections de courts-métrages et de vidéos (animation, fiction, documentaire)
proposé par Xeno- en résonance avec les thématiques du jour*

Les courts-métrages et vidéos seront également visibles le lendemain de leurs projections dans l’espace diffusion TV.

17h
performance de Ophélie Mac

Ophélie Mac aka Mac coco est une artiste  ceramiste-perfomeuse afro-féministe, basée à Bruxelles depuis 2012.
Dans le prolongement de ses questionnements artistiques elle ouvre l’espace culturel et solidaire : FATSABBATS en 2019 pour et par la communauté Queer POC.  Ses travaux interrogent sa double culture, ses croyances, son intimité, le marché de l’art et les relations aux publics. Pour Pouvoirs et Dérives 4  elle proposera au travers d’un dispositif conversationnel d’interroger la visibilité et l’invisibilité des corps racises dans l’art contemporain et la culture, les modèles dominants, les fantasmes, et leur respectabilité. Cette année elle intègre la pièce performative Carte noire nommée désir mise en scène par Rebecca Chaillon, prépare le festival FATSABBATS et continue d’avoir cinq vies en parallèle. 

 

17h30
performance de Lylybeth Merle

Lylybeth Merle est née à Strabourg en 1991. Après des études en art dramatique à l'INSAS dont elle sort diplômée en 2018, elle exerce aujourd'hui comme metteuse en scène, comédienne et performeuse. Dans ses créations, elle mélange librement ses deux amours, le théâtre et le cabaret, alliant l'intime au poétique. Elle tourne ses recherches artistiques vers le care pour se reconnecter à soi et au monde, la vulnérabilité comme puissance transformatrice et la transmission des vécus pour se découvrir ensemble. Issue d'un milieu queer et underground, elle tisse des ponts entre différents lieux et différents publics pour récréer un lien trop souvent fragile. Elle milite pour la visibilité et les droits des corps LGBTQIA+, et s'entoure pour ses spectacles d'associations qui lui tiennent à cœur (Utsopi, Transkids, etc.).

 

18h
conclusion collective de la journée animée par Pouvoirs et Dérives

18h30
apéro

*une sélection de courts métrages sera aussi présentée en boucle toute la journée