La Bellone

HALF & HALF CLOSER

Maria Kakogianni

25/06/2021
12:30 > 13:30

Lors d’un Half & Half Closer, nous revenons sur les préoccupations qu’un.e artiste a mises au travail à l’occasion de sa résidence à La Bellone. « Half & Half » comme deux fois trente minutes, une rencontre publique en deux temps. Une première demi-heure d’entretien dans l’espace de travail,  conduit et enregistré par l’équipe de la Bellone puis réécoutable sur la Compile Audio. Une seconde demi-heure à l’accueil-café du 46 rue de Flandre pour une rencontre informelle avec l’artiste autour d’un half-en-half, closer…

Un ancien mythe grec raconte qu’il fallait sacrifier la jeune Iphigénie à Aulis, pour que les bateaux partent pour la guerre de Troie. Mais pourquoi fallait-il sacrifier Aulis? Là où Euripides a placé le décor de sa tragédie, aujourd’hui le promeneur à Aulis trouve les restes d’une ancienne carrière, une usine à produire du béton, une usine de traitement de déchets chimiques, un chantier de construction naval. Un concentré des pratiques extractivistes de la terre, une mer lasse et polluée.  

Tant que cela maintient le cauchemar, TINA aime bien caresser notre mythomanie comme des cheveux d’ange. Chaque jour, elle promet un jour d’après qui serait l’immonde en pire. Tout annonce qu’il n’y a pas d’alternative, que même les alternatives existantes seront toujours avortées et les corps qui les auront porté abîmés. Nos maternités, ces créations des possibles, qu’on les appelle artistiques, scientifiques, amoureuses, peu importe leur alphabête, elles semblent biaisées, fatiguées, épuisées. On remue les berceaux, on repasse la serpillière, et bien avant la fin de la journée on se dit : à quoi bon ? A quoi encore ? 

Quels sacrifices, pour quelles vies ? 

6 voix, 6 femmes, tentent de raconter une histoire au bord de la mer. « Iphigénie à Kos » aurait voulu être une fable en chorale, mais c’est peut-être un archipel des îles. Elle aurait voulu être une fable écologique, féministe, décoloniale, ouvrière, mais peut-être, elle ne sera rien de tout cela. Simplement des tentatives, comment raconter quelque chose à l’intérieur de cette narration étouffante qui pollue autant les poumons que l’atmosphère : « Il n’y a pas d’alternative » (TINA). 

Et pourtant rien n’a jamais empêché l’histoire de bifurquer, de disjoncter.

Kakogianni Maria est écrivaine et enseignante « plasticienne » de philosophe. Ses travaux entremêlent la philosophie et différentes fictions :  politiques, artistiques, botaniques, herbes folles, scientifiques, autres, débordants les classifications, et caetera. 

 

Réservations

02 513 33 33 
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