La Bellone

28/06/2022
18:00 > 20:00

Les One To One se sont des rencontres qui proposent un temps d’échanges au cours des résidences / recherche. L’artiste conduira deux interviews au cours de sa résidence. Iel mènera ses interviews avec une personne qui possède un savoir dont iel a besoin pour développer son questionnement et progresser dans sa réflexion liés soit à un projet en cours soit à son parcours artistique plus globalement. Il pourra s’agir tant d’un·e intellectuel·le que d’un·e artisan·e, d’un·e religieux·se que d’un·e scientifique. Il n’y a pas d’hiérarchie de valeur entre les savoirs et pratiques ; tout savoir peut contribuer au développement d’une recherche, d’une réflexion artistique. Le public est ainsi convié à témoigner de la curiosité d’un·e artiste et d’entrer par ce biais dans sa recherche.

 

Léa Drouet invite Lamia Mellal, doctorante (KU Leuven et ULB) à faire un état des lieux des politiques sécuritaires mise en place depuis les attentats de 2015 en France, à décrire les formes que prend cette politique dans  les écoles, et à partager les conséquences qu’elle observe en discutant avec les enfants les jeunes et les familles.

Comment enquêter et étudier sur les situations vécues par certaines personnes sans les réduire à une catégorie abstraite et généralisante? Comment s’impliquer, avec son corps, son vécu, ses affects dans une recherche? Comment s’approcher sans recouvrir l’autre? Comment travailler les distances et les proximités afin d’éviter tout autant l’écueil du surplomb que celui de l’absorption?  Comme définir un cadre d’alliance? Comment ne pas se contenter d’être un témoin sans actes? Comment l’art,  les sciences humaines et les organisations populaires peuvent-ils être des complices ?

Lamia Mellal est titulaire d’un master 2 en Histoire contemporaine du Maghreb-Monde arabe à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et d’un master en sciences politiques à Sciences Po Aix (IEP d’Aix-en-Provence).

Actuellement, elle mène une thèse de doctorat interdisciplinaire en sciences politiques et anthropologie

Cette thèse s’inscrit dans un projet de recherche intitulé « Deradicalizing the city » qui cherche à étudier l’imbrication des politiques de lutte contre la radicalisation et des politiques d’aménagement de l’espace urbain en Europe dans le contexte post-attentats (2015).

En effet, l’objectif du projet est de documenter, via des méthodes de recherches alternatives, les effets de ces politiques de « sécurité urbaine » sur le quotidien des populations et des quartiers ciblés à Bruxelles et Marseille.  

Sa recherche personnelle s’intéressera quant à elle à l’articulation entre les politiques dites de lutte contre la radicalisation et les politiques éducatives en France et plus spécifiquement à Marseille. Il s’agira d’analyser grâce à une approche ethnographique, les conséquences de ces politiques sécuritaires sur l’institution scolaire ainsi que l’impact que ces politiques ont sur les corps et les affects des enfants et des familles.