La Bellone

SÉMINAIRE

Module dramaturgique avec Roberto Fratini

27/06 > 1/07/2022

Objectifs spécifiques des séminaires

Plus qu'à une histoire ou à une théorisation de la dramaturgie, les participant.e.s sont ici invité.e.s à saisir, cerner et pratiquer la dramaturgie en s'essayant à la fois à dresser une cartographie des pratiques dramaturgiques et à pouvoir s'y situer. Il s'agit ainsi non pas de définir une pratique qui, en tant que telle, sort du cadre définitionnel puisqu'elle n'a pas de « fins » et de contours fixes et figés – ceux-ci bougent selon les modalités d'activation dramaturgique (au plateau, en institution, dans la conception de dispositifs divers...) – mais plutôt de proposer une méthode de double singularisation : singulariser ce qui fait, aujourd'hui, le paysage dramaturgique et ainsi voir apparaître, pour chacun.e, ce qui singularise sa propre méthode de faire. À partir de là s'entame un chemin d'étude situé, le long duquel le/la participant.e peut davantage reconnaître la spécificité de sa méthode, de ses outils mais aussi, par-là, expérimenter d'autres manières d'en faire usage ou de les affiner en regard des spécificités des autres.

Les séminaires : 4 correspondants à des activations de la dramaturgie aujourd’hui.

Orientation partage de savoir et mise en expérimentation. Partir d’une problématique à laquelle le ou la praticienne invité.e fait face et ouvrir cette recherche ou réflexion plutôt que de faire une présentation d’un savoir. Mise au travail et mise en partage plutôt que d’une formation académique.

Chaque séminaire, étendu sur une semaine implique :

-L'intervention d'un.e praticien.e dramaturge, choisi.e et invité.e en ce qu'il, elle active l'une des modalités spécifiques de cette activité et peut ainsi en dresser les enjeux singuliers auprès des participant.e.s.

-Il s'agit aussi, pour chaque intervenant.e, de pouvoir mettre en partage des outils, des protocoles de recherche et d'écriture ou encore de proposer des situations permettant l'application de ce type-là de dramaturgie.

Chaque module incarne ainsi, à l'échelle concentrée d'une semaine, l'esprit général et transversal du programme « Pratiques dramaturgiques » : une circularité entre exposé et pratiques, entre parole de l'un.e et ressaisie collective, partagée de questionnements et expérimentations. Il s'agit de se mettre, au sein d'un espace de recherche et création artistique, en état « d'étude », c'est-à-dire d'alliance entre « enquête » et « application » (cf. étymologie du mot).

Les modules seront donc toujours structurées en au moins deux temps : un temps « à la table » dans lequel le groupe est rassemblé pour se mettre à l'écoute et à la discussion d'une question, d'une problématique ; un temps d'expérimentation qui peut conduire les participant.e.s à un travail propre d'écriture, à une fréquentation d'une réalisation de plateau ou encore à la visite d'un autre lieu artistique ou un autre contexte selon le type de « dramaturge » qui intervient sur chaque module.

 

Quatrième et dernier module avec Roberto Fratini du 27 juin au 1ier juillet

Le point commun entre la dramaturgie silencieuse, qui s'agence dans le contexte du théâtre d'image ou du théâtre dansé, et la dramaturgie proverbialement bruyante, qui se déploie dans le cadre du dispositif participatif ou immersif, est le trouble d'avoir affaire à tous les aspects et à toutes les résistances potentielles de l'aléatoire, de l'impondérable, de l'accidentel. Le vrai défi d'un théâtre dont les spectateurs, plus qu'interprètes, sont les dramaturges spontanés, est la paresse potentielle, l'espace négatif et non programmable du dispositif. Si la dramaturgie silencieuse comprend l'opacité sémantique comme apriori poétique, que la dramaturgie du spectacle participatif comprend a priori l'échec, même le collapse de la pièce, comme une finalité structurante. D'autant plus que le paradigme général et l'utopie de démocratie directe qui préside aux élans de la participation est par définition une aventure d'essai et d'erreur, un partage épique d'incompétences. La dramaturgie ainsi conçue ne tient pas d'un travail techno-discursif de débouchement du sens, mais plutôt d'un artisanat, conspirant et pervers, dont le vrai but est de fabriquer le risque, le vertige du non-sens et le désordre de la coexistence. L'échec, le malentendu, l'obliquité du résultat est le vrai objet des exercices d'analyse, des essais de composition et des essors d'anamnèse qui constituent la matière de ce séminaire, où chacun vient avec son trousseau de fautes et de faillites, négocier une deuxième opportunité de sens.

 

 

Roberto Fratini Serafide (Milan, 1972), dramaturge et théoricien de la Danse, est professeur dHistoire et de Théorie de la danse au Conservatori Superior de Dansa (Institut del Teatre) de Barcelone, et a imparti des cours et conférences dans plusieurs universités européennes. Il collabore comme dramaturge avec plusieurs compagnies de danse et de théâtre contemporains (parmi d'autres, Caterina Sagna Dance Company, Olga Mesa, La Veronal, Roger Bernat, Taiat Dansa, Germana Civera, Alexandra Waierstall, Aerites Dance Company, Sol Picó, Philippe Saire, Wang/Ramirez, Cocoon Dance) et a imparti des stages et workshops en dramaturgie silencieuse dans plusieurs académies et masters (ESAD Galicia, HBK de Berne, La Manufacture de Lausanne, Scuola Europea dell'Attore, CIFAS Bruxelles, DAMS de Bologna, entre autres). Sa recherche s'affiche surtout sur la dramaturgie de la danse et sur les paradigmes du participatif. Il est auteur d'articles et essais. Parmi ses livres: A Contracuento. La danza y las derivas delnarrar (2012), El cuerpo incalculable (2018), Escrituras del silencio. Figuras, secretos, conspiraciones y diseminaciones de una dramaturgia de la danza (2018), Liturgie dell'impazienza (2021).

 

Sur candidature